Si le mot « pyramide » évoque plutôt des images idylliques, dans notre collectivité la pyramide des âges l’est moins. Prenez une pyramide avec une base large et une pointe élancée, hé bien en Nouvelle -Aquitaine, c’est tout le contraire et notre profil démographique tient plutôt de la toupie.
Rappelons quelques chiffres issus du Rapport Social Unique de 2024 :
- Effectifs : 9197 agents (6293 en lycées et 2904 aux sièges)
- Age moyen de agents régionaux : 49,71 ans alors qu’il était de 46 ans dans la FPT en 2023.
- 57,1 % des agents sont âgés de 50 ans et plus alors qu’ils étaient 44% en 2023.
Si ce vieillissement touche toute la Région, ses effets se font davantage sentir dans les lycées où la moyenne d’âge est de 51 ans et où plus de 930 agents devraient atteindre 65 ans d’ici 2030… s’ils ne partent pas à la retraite (ou bien en arrêt maladie…) avant en raison de l’usure professionnelle accrue de leur métier.
Ce vieillissement rapide de la collectivité pose à notre Région des défis sur lesquels la FA-FPT l’alerte depuis longtemps. Le premier est le renouvellement des postes. Même si l’on veut simplement maintenir (notamment dans les lycées) le niveau actuel de service public, ce sont aux moins 930 postes qu’il va falloir pourvoir dans les 4 ans à venir. Sans ce remplacement, ce sera pour les équipes régionales, et particulièrement celles de lycées, un rapide épuisement physique et mental, qui fragilisera les agents et plombera le niveau de service apporté aux usagers. N’oublions pas non plus l’impact sur les équipes RH qui vont devoir faire face à du recrutement massif et un surcroît de travail conséquent (En moyenne, le recrutement de 240 agents par an, soit environ 24 par mois sur 10 mois, donc 6 par semaine et cela sur toute l’année…ça fait combien de jury a tenir tout ça… ??)
Le second défi porte sur la prise en compte de l’état de santé des agents en poste. On sait que, statistiquement, les restrictions médicales et les maladies professionnelles se font plus nombreuses passé le cap de la cinquantaine. On sait aussi qu’à partir de 55 ans, les accidents de service sont aussi plus nombreux dans la filière technique. Au pourvoi des postes rendus vacants par les départs en retraite (ou bien gelés …) s’ajoute donc la nécessité de prévenir autant que possible les arrêts et les restrictions, et de les compenser par le remplacement rapide des agents absents. Sinon, les équipes régionales….???
La collectivité va devoir faire face aux défis de la pénibilité et du vieillissement, deux facteurs qui fragilisent les agents !
Selon Nicolas Freix, de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail, les besoins d’amélioration des conditions de travail passent à la fois par une réflexion sur les parcours professionnels mais également par une déconstruction des stéréotypes.
Il faut repenser l’aménagement des carrières, inventer d’autres parcours professionnels :
- Aborder ensemble le Volet RH (la carrière) et le Volet Prévention
- Prendre en compte le parcours professionnel, en étudiant les compétences transférables pour une mobilité choisie. Analyser les compétences métiers et les compétences générales,
- Mettre en place une fiche de suivi des capacités restantes en relation avec le médecin du travail.
- Créer un parcours de retour à l’emploi, par exemple en créant un rendez-vous de liaison à la suite d’une reprise d’arrêt maladie grave.
Un autre point d’alerte plus général, avec le vieillissement de la population, et qui dépasse le cadre du travail, c’est le rôle d’aidant pour les parents âgés, la prévention santé devient un besoin primordial pour les actifs les plus âgés.
Aujourd’hui il est possible d’effectuer un reclassement sous certaines conditions mais ce dispositif demande une adaptation des propositions et l’âge est un facteur de difficulté. Ne serait-il pas plus efficace de penser reconversion plutôt que reclassement ? Reconversion anticipée sur des agents ciblés ou bien sur des métiers à risques ?
A toutes ces difficultés s’ajoute un réel problème de reconnaissance des métiers pour augmenter l’attractivité de la FPT. Les collectivités, dont notre région, ont tout intérêt à construire un nouveau modèle afin de régénérer en permanence ses forces vives plutôt que de compter sur les nouvelles générations pour remplacer les anciennes.
Source : Webinaire de la Gazette des communes « Défi démographique : la fonction publique face au vieillissement des agents ».

